Quand la perfection atteind la réalité. PJ Harvey: la musique n'a jamais été aussi bien représentée.
 Au début des années 90, au milieu de tout le brouhaha grunge et de tous ces jeunes groupes qui explosent pour mieux se ramasser en plein vol, une jeune femme débarque, elle a 23 ans et vient de Yeovill, une petite ville du sud-ouest de l'Angleterre. Son nom est Harvey. Polly Jean Harvey plus précisemment. Elle sort son premier LP intitulé "Dry" sous le nom de PJ Harvey qui reçoit dès sa sortie les éloges de la presse internationale. Onze titres composent ce premier album dans lequel la chanteuse aborde des sujets tels que le sexe, la religion et l'amour.
"Dry", qui sort au printemps 92, va l'emmener à elle mais aussi à son bassiste Steve Vaughn et à son batteur Robert Ellis qui a co-écrit deux chansons sur l'album, faire une tournée aux quatre coins du monde qui se terminera au festival de Reading en Angleterre l'été de la même année.
En quelque mois, PJ Harvey devient l'une des artistes féminines les plus importantes de la scène rock alternative. Elle est respectée par ses pairs et adulée dans le milieu. L'album s'ouvre sur "Oh My Lover", chanson d'amour où PJ Harvey miaule et fait entendre son souffle comme un ultime appel à l'amour. Puis suit "O Stella", mais qui est cette Stella Marie, la bonne étoile de PJ Harvey? Peut-être. Aussitôt celle-ci fini, la troisième chanson s'enchaîne, "Dress", boum boum boum bam boum, le batteur est visiblement dans son élément, le refrain envoie et Miss Harvey prend son pied à changer d'intonation avec sa voix pour finir sur le son d'un violon désaccordé. Magistral. "Victory" suit et quelle victoire! God ne s'en remet toujours pas et y a de quoi!
"Happy Bleeding", putain le mariage de la guitare et de la batterie n'a jamais été aussi splendide, on frissonne, les poils s'irrissent et cette voix, envoûtante, PJ Harvey, putain ce nom ne s'oublie pas, le doigt tremble, le bouton "repeat" est en ligne de mire mais non faut pas! "Sheela-na-gig", nom imprononçable pour beaucoup, un défaut? Pas vraiment, PJ Harvey le chante à tue-tête puis reprend une nouvelle intonation dans la voix pendant quelques vers qui se répètent, ah ah ah mer-veill-eux!! "Hair", enchaînement de mots mais tout est suffisamment explicite, un homme s'en prend à sa copine, Delilah, trop possessive?? Elle en a tout l'air. Quant à "Joe", bon sang reste please PJ a besoin de toi... Dans "Plants and rags", notre chanteuse s'assagie et le violon se fait à nouveau entendre, c'est apaisant et en même temps déroutant, quel que soit le registre sa voix se pose partout et le résultat est toujours parfait, c'est dur à avouer mais la vérité est là, y a rien à dire. "Fountain", c'est calme puis le son de sa voix revient, La La La La reprenons-nous avec elle mais ça s'arrête là car après le niveau est bien trop élevé et puis cette petite touche masculine à la fin fait du bien comme quoi il est possible d'aligner sa voix sur celle de PJ mais ne rêvez pas, ceux qui en ont eu l'occasion sont rares.
Enfin, le moment que l'on redoute tant avec ce genre d'album (trop rare), celui de la dernière chanson. "Water" parle d'un individu qui prétend marcher sur l'eau, on ne sait pas si c'est vrai mais PJ elle, ça fait longtemps qu'elle marche sur l'eau alors que nous, guitare en main à essayer de faire sonner des arpèges on n'a pas fini de couler! On est même bien au fond!
PJ Harvey, si on devait la classer ça serait parmi les meilleurs, masculins ou féminins peu importe, elle les aligne. Cet album, le premier, celui de la consécration et nous on lui dit quoi, merci? Non, pas suffisant. "Dry" ou le genre d'album qui ne se télécharge pas car la perfection y est et puis pour le plaisir de savoir qu'il est rangé dans notre discothèque. Il y a des albums comme ça qui sont intouchables même s'il y en a qui consentent à violer ce principe, à violer l'art même d'un artiste. Faut oser! PJ Harvey, un nom marqué à jamais et dire qu'il y a encore quelques temps celle-ci n'en revenait pas qu'un magazine l'ai classée parmi les légendes, elle ne comprenait pas mais nous, PJ, crois le ou non, on a bien compris pourquoi.
Date de sortie: 30 juin 1992.
Label: Too Pure.
Béatrice Housset.
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