Meg et Jack White: un retour tant attendu qui perdure dans le haut de gamme des prédécesseurs.
 Leur dernier album date de 2005 et c'est deux ans après, en 2007 que l'on retrouve le duo de Détroit exilé à Nashville pour un sixième opus. Les White Stripes sont de retour avec "Icky Thump" composé de onze morceaux.
"Icky Thump", je sais pas si les termes de magique, déroûtant, puissant conviennent car vraimant c'est que du bonheur. La batterie de Meg fait des miracles, on est complètement atteint, son battement nous fait résonner le tympan mais faut dire que la guitare de Jack n'est pas mal non plus. L'euphémisme est immense, presqu'une honte! Premier titre, ça commence fort, on se demande ce que la suite nous réserve en tout cas on espère que le plaisir et l'excitation seront les mêmes. Adressé aux immigrés mexicains ce titre fait référence au mur en construction le long de la frontière Etats-Unis/Mexique pour stopper tout passage de clandestins. Une initiative de l'administration Bush of course...
"You Don't Know What Love Is (You Just Do As You're Told)", les deux musiciens avancent toujours aussi bien et là on se dit que la claque est immense. Les deux savent y faire. Plus calme que le titre précédent mais on s'en fou, le trio guitare/basse/batterie à côté c'est les Teletubies avec couches, tétines, biberons et tout le bordel! La frappe de Meg sur la batterie est toujours aussi...fracassante.
"300 M.P.H. Torrential Outpoor Blues", le rythme ralentit. Les mélodies moins électriques. Enfin à certains moments...en effet, quand Jack décide de faire sonner sa guitare il le fait sans nous demander notre avis. L'habitude voudrait que nos oreilles sifflent, que l'on se dise que c'est toujours pareil mais non ces zooms électriques on les redemande, on les encensse et qui dit zooms électriques dit grands coups de baguettes dans le langage whitien.
"Conquest", Jack se montre menaçant au début et laisse place aux trompettes mexicaines comme quoi ces deux-là quoi qu'ils touchent et mélangent, le résultat est toujours surprenant, original, le tout avec un zeste de perfection. Un "zeste", non en réalité c'est beaucoup plus que ça.
"Bone Broke", Warning! Jack se met à hurler et Meg fait bam bam boum et ce, en parfaite adéquation avec Jack the guitarist. La fin s'accélère pour un final complètement déraillé.
"Prickly Thorn, But Sweetly Worn" laisse place à la musique celtique. Un battement se fait entendre pour finalement se confondre avec notre battement du coeur, du pied et des mains. Un folklore jouissif et entraînant où l'on prend plaisir à reprendre le refrain en coeur.
"St. Andrew (This Battle Is In The Air)", cornemuses avec batterie et voix de Meg. Morceau très court inspiré de la mort du père de Jack qui paraît être joué en accéléré. La guitare grince par moments. Impression de désordre mais en réalité tout est maîtrisé.
"Little Cream Soda", plus de rage. Commence par le fameux "one, two, three, four". La rythmique est toujours aussi entraînante et puissante idem pour le riff de la guitare. En fait depuis le début on a pas bougé. La transe est la même, l'ecstase aussi. Jack ne chante pas mais parle avec agacement. Ca ne plaisante pas.
"Rag And Bone", petits dialogues en guise d'introduction. "Meg look at this place". Nous on écoute. Bam bam bam ça repart de plus belle. La batterie fait mal et dire qu'aux baguettes c'est une fille! La gent féminine peut en être fière. Ca s'accélère. Sacré morceau de rock'n'roll.
"I'm Slowly Turning Into You", la voix de Jack résonne. Elle est accrochée à nous. Elle ne nous quitte plus. Des blancs éclairs apparaissent et la guitare suinte.
"A Martyr For My Love For You", ici Jack ne crie pas, lève la voix parfois mais en reste là. Le fond sonore prend plus de place. On s'évade direction une nouvelle terre, une nouvelle planète.
"Catch Hell Blues", le singer/guitarist "essaie" sa guitare pour finalement s'enfflammer avec la batterie. Jack martyrise son instrument, il le fait grincer jusqu'à la moelle et la batterie devient lourde. La mélodie est plus présente que les paroles.
"Effect And Cause". Dernier morceau. Du blues. On part dans un autre temps, peut-être révolu, peut-être inexistant et introuvé jusqu'à ce jour qui sait? En tout cas on y va avec détermination. Ce titre clôt cet album en beauté.
Au final on aura tapé du pied pendant 45mn76 très précisemment, notre coeur aura atteint une vitesse de pulsasion jamais égalée, on aura atteint toutes les planètes qui peuvent exister
voire pas encore trouvées, on aura mis repeat sur la plupart des chansons et surtout on en aura eu la confirmation, les White Stripes sont toujours là, meilleurs que jamais. Cet album est une merveille, une perfection pour d'autres mais c'est en tout cas avec une larme à l'oeil que certains leur diront une chose: merci.
Date de sortie: juin 2007.
Label: XL.
17/06/2007.
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