Cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas parlé du maître Burton, alors voici l’un de ses rares films sans Johnny Depp
 « En racontant l’histoire de la vie de mon père, il est impossible de séparer la réalité de la fiction, l’homme du mythe. Le mieux, c’est que je vous la raconte comme il me l’a racontée. »
Voici ce que pourrait dire le fils de Tim Burton dans quelques années. On ne peut en effet pas éviter de faire un parallèle entre le personnage qui raconte sa vie Edward Bloom et le réalisateur de ce film. Car on ne peut s’empêcher de se dire que monsieur Burton nous fait voir ici son monde. Il nous invite un peu chez lui, dans son imaginaire si créatif et poétique.
Vous n’avez jamais entendu parlé de Big Fish ?
Synopsis : L'histoire à la fois drôle et poignante d'Edward Bloom, un père débordant d'imagination, et de son fils William. Ce dernier retourne au domicile familial après l'avoir quitté longtemps auparavant, pour être au chevet de son père, atteint d'un cancer. Il souhaite mieux le connaître et découvrir ses secrets avant qu'il ne soit trop tard. L'aventure débutera lorsque William tentera de discerner le vrai du faux dans les propos de son père mourant.
Autant ne pas tourner autour du pot, il est ici question de chef d’œuvre, voyez par vous-même : film réalisé par Tim Burton, une musique de Danny Elfman, avec Ewan McGregor, Albert Finney, Helena Bonham Carter, Danny DeVito, Steve Buscemi et Marion Cotillard ( !), une histoire des plus poétiques qui soient, des décors d’une beauté rare… Ce n’est pas ici un simple film qui se regarde, mais une expérience qui se vit.
Dans l’article précédent, je vous parlais de la carrière de Marion Cotillard d’avant ‘La môme’ sans parler de ce premier rôle hollywoodien. En incarnant ici la belle-fille d’Edward Bloom, pleine de candeur et de compassion, elle montre au monde entier la justesse de son jeu, et loin de se cantonner dans le rôle de la frenchie perdue au milieu d’un grand tournage, elle apporte le regard ‘extérieur’ de l’histoire qui nous permet à nous, spectateurs, de rentrer pleinement dans le récit.
Ne voyez ici aucunement l’expression d’un chauvinisme déplacé, et malgré l’admiration que je porte à cette actrice, c’est en toute objectivité que je parle de ce personnage par lequel on passe forcément pour faire partie de l’histoire. Car quand Edward Bloom raconte ses histoires à sa belle-fille, c’est en fait à nous qu’il les raconte.
Histoires qui s’entremêlent d’ailleurs toutes pour former le grand voyage de ce personnage atypique. On trouvera dans ces escapades poétiques tous les éléments chers au cinéma burtonien : les sorcières, le cirque, les créatures fantastiques, ainsi que les thèmes habituels comme la différence, le sens du devoir et le besoin d’aventure. Tim Burton aurait voulu faire un best of de ses œuvres, il n’aurait pas mieux fait. Au fur et à mesure du film, et c’est là sa puissance, on évolue vers la crédulité. Au début on n’y croit pas, puis on commence à se prendre au jeu du rêve, on veut y croire. Jusqu’au moment où…. Non, on ne m’y prendra pas, je ne dévoilerais rien qui pourrait gâcher le plaisir à ceux qui ne l’ont pas encore vu.
Bref, on se laisse ici amener dans un endroit dont on aimerait ne jamais revenir.
Deux éléments participent fortement à ce sentiment, des éléments plutôt indissociable : les décors et la musique.
Vous connaissez cette sensation agréable que l’on a quand se réveille après un beau rêve, où le souvenir que l’on garde se situe pile entre l’image et la musique. Et bien ici, on se rapproche de cette sensation : les images sont vraiment magnifiques et portées par une musique de Danny Elfman (nommée aux Golden Globes) , cet assemblage donne lieu à une osmose parfaite, l’exemple le plus parlant en demeure la scène assez connue où Ewan McGregor se retrouve dans un champ de jonquilles, un rêve éveillé… il y aurait bien d’autres exemples mais laissons le plaisir à ceux qui n’ont pas vu le film de découvrir eux même ces moments incroyables.
Nous parlions à l’instant de la musique de Danny Elfman, mais à l’instar de Forest Gump, des grands classiques du répertoire musical américain viennent renforcer une bande son déjà fournie, et ce pour le plus bel effet.
Il est vrai que la comparaison avec Forest Gump pourrait porter sur d’autres points, comme le casting. Non pas que l’on retrouve les mêmes acteurs, mais un nombre conséquent de seconds rôles de haute volée. Sans parler du jeu d’Ewan McGregor… enfin si, quand même un peu, une belle performance dans un registre où l’on ne l’avait pas vraiment vu avant. Certains diront qu’il illumine le film par son entrain et sa bonne humeur en interprétant le rôle d’Edward Bloom jeune, et ils n’auront pas tort. Un jeune prodige avide d’aventures qui affronte chaque épreuve avec bonne humeur, quelle bouffée de fraîcheur.
Les seconds rôles ne sont cependant pas en reste : Danny DeVito en patron de cirque protecteur, Helena Bonham Carter en sorcière énigmatique et Steve Buscemi en poète en manque d’inspiration, rien n’est laissé au hasard, pour un bon film, il faut de bons acteurs.
Il est vrai qu’au départ, le pari est risqué. Alterner la réalité avec la fantaisie n’est pas chose aisée et peut très vite perdre le spectateur. Mais ici, loin de le perdre, il l’amène à travers une multitude de sentiments qui atteint vraiment son apogée à la fin. Et même si, par le plus incroyable des hasards, on n’aime pas l’ensemble du film, on trouvera forcément quelque chose à prendre dedans tant il recèle de facettes. Au moment où j’écris ces lignes je pense l’avoir vu une petite dizaine de fois, et à chaque fois je découvre de nouveaux détails qui m’avaient échappés auparavant, et chaque fois je le regarde avec le même plaisir.
Vous pourrez retrouverez des extraits ici et là de cette histoire pleine de rires et d’émotions, si vous voulez passer un moment hors du temps, regardez ce film, ou plutôt cette bouffée d’air frais...
Big Fish
Sortie : 3 mars 2004
Réalisateur : Tim Burton
Avec : Ewan McGregor, Albert Finney, Billy Crudup, Marion Cotillard, Helena Bonham Carter, Steve Buscemi...
Disponible en DVD chez Columbia Tristar
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