Sala Jam Bergara 11 octobre 2007
 C’est avec plaisir que nous rejoignons en ce jeudi soir la fameuse sala Jam de Bergara (Guipuzcoa) pour assister au non moins fameux concert de la tournée « The Invaluable Darkness Tour 2007 » voyant s’affronter en tête d’affiche les bardes vikingo-démonos-scandinaves d’Amon Amarth et Dimmu Borgir.
Et c’est à l’heure précise que commence à jouer le groupe de première partie, incarné ce soir par Engel avec un « E », première partie qui disons-le tout de suite n’a rien apporté en plus à l’affiche. Avec son mélange monocorde et peu convaincant d’In Flames période Clayman / Reroute to Remain, d’Hypocrisy / Pain au rabais, ce groupe « à la suédoise » n’a attiré que peu d’enthousiasme parmi les métalleux présents. Avec un chanteur (une sorte de Ripper Owens qui aurait avalé le chanteur de Soilwork) qui ne ménage pas sa peine et malgré des zicos appliqués (le batteur semble néanmoins souffrir de constipation...), on ne peut pas dire que Engel ait décroché l’oscar de la meilleure 1ère partie ce soir.
Le changement d’atmosphère est tangible à l’approche du set d’Amon Amarth. Assurant une prestation d’une heure environ axée sur les 3 derniers albums (« Versus the World », « Fate of Norns », « With Odin on our side »), les très acclamés Vikings descendus de leur drakkar ont tout dévasté sur leur passage. Death metal épique sur-heavy aux refrains guerriers, voix rocailleuse et surpuissante de Johan Hegg, le groupe ne s’est pas privé pour nous balancer un bon gros marteau de Thor en pleine tronche. Les moments forts se succèdent (Death in fire !!), le dernier album passe très bien sur scène. Tout cela contribue à asseoir la réputation de machine de guerre ultra carrée des suédois… Fatal !!!!
Après une rapide pause et une bonne binouze place aux norvégiens de Dimmu Borgir, qui arrivent sur scène dans une atmosphère très « religieuse » . Alors autant le dire tout de suite, bien que le set de Dimmu ait été distillé à la perfection, il me semble que Shagrath n’était pas en grande forme ce soir, limite absent ou blasé le mec… Pas de Evil Black Attitude ce soir pour notre ami chanteur, tatoué façon Michael Scoffield. Dommage ! On pourrait mettre çà sur le compte de la légendaire misanthropie norvégienne (appelée à tort ou à raison « joie de vivre » par certains spécialistes… hum hum), mais personnellement j’aurais préféré plus d’ardeur et moins de pilotage automatique. Peut-être souffrait-il de Dimmu-constipation, refilée par le batteur d’Engel ? (une épidémie en vue cet hiver ?) En tout cas, coté musique à proprement parler, tout se tient parfaitement. Les guitaristes Galder / Silenoz sont redoutablement en place, Mustis assène avec brio les nappes de claviers, amenant cette atmosphère à la fois glauque et grandiose. Le bassiste Vortex est au sommet, sa voix claire est sublime. A noter la présence derrière les fûts de Monsieur Tony Laureano, l’un des plus grand batteur-mercenaire de métal extrême, au CV plus qu’impressionnant (God Dethroned, Nile, Angel Corpse…). Celui-ci remplace au pied levé HellHammer, le non moins célèbre batteur de Mayhem indisponible pour cause d’ITT, le bougre s’étant flingué le bras en essayant sans doute de découper une tranche de jambon fumé norvégien ou peut-être bien un bout de fromage, tel Perseval dans Kaamelot…En tout cas on ne perd pas au change avec Laureano, qui assure les parties de batterie avec une force inouïe mais qui n’oublie pas de se faire tout en nuances lorsque la musique de Dimmu l’exige. Ouvrant le set avec l’enchainement des deux 1ère chansons de « Deathcult Armaggedon » (excellant), les 1h30 de concert voient défiler les morceaux mid-tempo puissants et hypnotiques de « In Sorte Diaboli », dernier album en date, ainsi que ceux de Puritanical Euphoric Misanthropia, ceux plus agressifs de « Spiritual Black Dimensions » et « Enthroned Darkness Triumphant ». Tout le concert est une succession d’ambiances sombres, mécaniques, machiavéliques mélangées à des parties brutales jouissives. La formule Dimmu marche bien sur scène. Le rappel nous fait profiter d’un morceau de « Storm Blast » ainsi que d’un imparable « Mourning Palace » à l’intro clavier si reconnaissable.
Au final un super concert et un match remporté 2-1 par les vikings Amon Amarth, dont on aurait aimé en voir un peu plus !! Dimmu aurait pu égaliser très facilement quand on voit la classe et la puissance de leur zike sur scène, mais c’était sans compter avec les problèmes gastriques de leur frontman. Peut-être faudrait expliquer à Shagrath que le métier de chanteur dans Dimmu ce n’est pas comme travailler derrière un guichet de La Poste et qu’il y a une différence entre faire le misanthrope et faire la gueule. S’il en a assez de chanter les litanies de Satan je lui préconise de sniffer un corbeau mort, comme Dead le faisait à la grande époque du black metal norvégien. Ce remède de grand-mère devrait lui remettre les idées en place !
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