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Dying Fetus - War of Attrition - 2007
Article publié le: 11/02/2008 - Par: Jean-Mich’Hell - Popularité: 335
Contrairement à ce que pense une majorité de personnes n’ayant rien compris à la vie, le death metal est un genre musical extraordinairement riche de sous-catégories diverses et variées


Ainsi trouve-t-on des groupes au visuel et aux textes particulièrement sanguinolents (tendance gore), ceux qui excellent dans les louanges envers le Grand bouc (tendance tataniste), dans la multiplication de parties et sous-parties, influencés qu’ils sont par le jazz (tendance techno death), ou encore dans l’opposition agressivité / mélodie (école suédoise). J’en passe et des meilleurs, tout en indiquant aux novices que le spécialiste ès-death fera sans peine le distinguo entre un groupe polonais et un groupe brésilien… Hé oui ! Parmi cette nébuleuse de groupes il en est qui outre leur musique brutale ont le soucis de pondre des textes politiquement engagés et dénonciateurs sans pour autant se la jouer « donneur de leçons ». Des groupes pour qui la réalité du bas monde dans lequel on vit est plus « evil » que n’importe quelle histoire satano-zombiesque-mort moi le cèpe. Ces groupes de death qui assument leurs influences hardcore tant dans leurs paroles que dans leur zike émergent de plus en plus et sont répertoriés dans la catégorie fourre-tout des groupes « deathcore ». Parmi les géniteurs du style on trouve DYING FETUS, le génial combo américain originaire d’Annapolis qui roule sa bosse dans l’underground depuis plus de 15 ans maintenant. Acclamé par une horde de fans toujours plus nombreux, ils sont les dépositaires d’un style à part entière mêlant brutalité grind et passage lourds dans la tradition death U.S, ponctués de breaks à tomber par terre (les fameux mosh part bien hardcore). Profondément intègres et faisant figure aujourd’hui de référence, la discographie du groupe de John Gallagher and Co (rien à voir avec les péteux camés d’OASIS…) témoigne d’une créativité destructrice et d’un soucis sans cesse renouvelé de pondre des albums dévastateurs et époustouflants de maîtrise. Dernier effort en date, « War Of Attrition » sorti en 2007 chez Relapse, LE label spécialiste du death et du grind, ne fait certainement pas exception à la règle. Faisant suite 4 ans après au très remarqué « Stop At Nothing » et fort d’une expérience acquise grâce à ses tournées à rallonge, DYING FETUS a prit le temps de mûrir ses compos. Soucieux de faire une musique où la technique instrumentale est au service de la destruction de masse, DYING FETUS livre une fois de plus un album convaincant. La zike rugit, beugle, crache ses tripes, le son est gros et gras, les riffs claquent comme des fouets sadomaso et donnent envie de filer des gifles au voisin de pallier qu’on peut pas s’encadrer. Les accélérations 3G scotchent la tête (« Fate Of The Condemn », « Raping The System » ou encore « Obsolete Deterrence » sont remarquables). Quelques rares solos toujours bien placés ponctuent par-ci par-là les morceaux (« The Ancient Rivalery »). Le pauvre auditeur se demande ce qu’il a bien pu faire au bon dieu pour provoquer une colère aussi intense, se faisant laminer la gueule à coup de blasts de batterie (énorme prestation de Duane Timeline –c’est son vrai nom à ce mec ?! – qui, comme tout bon batteur de death U.S, a du sévir dans 453196 groupes avant DYING). On remarquera, comme je le disais plus haut, que DYING FETUS ne se contente pas de faire un « simple » death metal ponctué de « aaaaarrrgh » et autres « grruuuuuiiiii ». Ses paroles finement ciselées font bloc avec la musique. Elles regorgent de détails et délivrent un message teinté de dépit et de haine vis-à-vis du fameux « american way of life » et autres conneries relatives au rêve américain. Gavé de voir les gesticulations pitoyables de « Dobeuliou » Bush le simplet le plus puissant du monde, DYING trouve dans les guerres sans causes, la tyrannie politicienne, les clowns fondamentalistes, les morts de Katrina et autres gangrènes consuméristes, individualistes et cyniques « Made in US » les fondements de sa haine musicale. Comme on les comprends…(alors qu’il paraît que c’est l’exemple ultime à suivre…c’est c’la ouiiii). Hormis une musique sur-maitrisée bourrée d’hormones, le chant et les paroles sont les éléments les plus marquants chez ce groupe. C’est du grand art mais je crains que le commun des mortels ne s’en rende jamais compte, peu habitué aux sonorités death metal. Basé sur une dualité de voix death et grind (effet reverse mode ON) la prestation est toujours convaincante et donne ce cachet typique des albums de DYING. Virulente et sauvage mais toujours audible et accrocheuse, les ricains restent avec cet album au sommet de leur talent et conservent toujours leur longueur d’avance sur la horde de jeunes prétendants. « Follow the Leader ! », comme clamait un ancien groupe à la mode il y a 10 ans aujourd’hui à l’agonie. Je ne m’en fais pas, tant qu’il y aura de la misère sur nos écrans de télé et des situations d’oppression tout autour d’un monde soit-disant civilisé, DYING FETUS sera assuré de trouver la matière première nécessaire à son art. Il y a de quoi faire encore des dizaines d’albums d’un deathcore de qualité, comme « War Of Attrition »… Le sang et la douleur sont des matières premières inépuisables.


Clip Homicidal Retribution tiré de l’album War Of Attrition :





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