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God Dethroned "Ravenous"(2001) et "The Toxic Touch" (2006)
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God Dethroned "Ravenous"(2001) et "The Toxic Touch" (2006)
Article publié le: 29/01/2008 - Par: Jean-Mich’Hell - Popularité: 331
La Hollande, l’autre pays du fromage…


Ok, mais pas que ! Ce sympathique pays au dialecte si particulier ("Fridebidehûûû") et qui a vu naître des artistes de renom tels que REMBRANDT ou DAVE ( célèbre chanteur à la sexualité ambivalente, pour les incultes) est l’un des états européens où la scène métal est la plus prolifique : que ce soient les pères fondateurs (le génial PESTILENCE, OCCULT, SINISTER entre autres) ou les groupes plus jeunes (SEVERE TORTURE-CENTURIAN, DETONATION, CALLENISH CIRCLE dans un registre "brutal" ou encore WITHIN TEMPTATION dans la catégorie "metal à gonzesse"), la qualité de la scène hollandaise n’a d’égal que sa variété. Laissez moi ici vous faire (re)découvrir l’un des porte-étendard de cette scène: le majestueux GOD DETHRONED. A travers une chronique de deux albums marquants vous comprendrez je l’espère pourquoi ce groupe de thrash-death mérite votre attention et votre fric. Plus qu’un bon groupe issu des Pays-Bas, GOD DETHRONED mené par son charismatique leader Henri "The Serpent King" Sattler, fait partie désormais des groupes phares toutes scènes confondues, grâce à son travail et à son acharnement.

Commençons par évoquer ici le contenu du fabuleux album "Ravenous", sorti en 2001 sur le label américain Metal Blade (Label de CANNIBAL CORPSE et découvreur entre autres de SLAYER, rien que ça). Jusque alors considéré comme un sérieux outsider, cet album marque la consécration d’un groupe talentueux. Si vous aimez les albums intenses qui laissent des séquelles vous allez prendre votre pied. Vraiment, cet album est un concentré de puissance, un putain de réacteur nucléaire où les riffs ultra-rapides et accrocheurs s’enchaînent pendant un peu moins de 40 minutes. On y retrouve le mélange magique typiquement GOD DETHRONED qui fait la force du groupe : voix et riffs black metal (voix excellente au passage, une de mes préférées), rythmique marteau-pilon et picking rapide thrashisant, avalanche de blasts et de brutalité maîtrisée 100% death metal. C’est la Foire internationale de l’extrême ! Pas de quartiers, la musique atteint des sommets d’intensité. On se rapproche des sensations que l’on éprouve à l’écoute de l’album culte de SLAYER "Reign In Blood". GOD DETHRONED en éminent spécialiste des massacres de masse nous explose la boite à caca. A coté, le bombardement de Dresde en 45 c’est un pétard mouillé au carnaval de Biarritz. Dans toute cette furie GOD DETHRONED n’oublie jamais de ponctuer sa musique des moments de "calme" à travers des breaks mélodiques efficacement placés, soit dans les chansons elles-mêmes ("Swallow The Spikes") soit en insérant judicieusement une chanson entière entre deux perles de brutalité ("The Iconoclast Deathride" est un bon exemple avec son ambiance chœur-clavier appuyant une rythmique mid-tempo super efficace). Ces cassures bien venues apportent encore plus de relief à l’album, on est toujours happé par un passage, un riff, une mélodie. Les 11 pistes s’écoutent d’une traite, on en ressort le crâne laminé. Une seule solution, réappuyer sur Play ! Vous comprendrez pourquoi l’album possède des parties de batteries et des tempos hallucinants quand je vous aurais dit que c’est Tony Laureano qui tient les baguettes sur cet album. A noter également en dernière position l’excellente reprise de "Evil Dead", issus du premier vrai album de DEATH "Scream Bloody Gore" de 1987. Rien que pour cette reprise surboostée Ravenous vaut le coup !! (A comparer avec la reprise du groupe ukraino-mouguertard Kataklepsia ;) ’Taing ! ) En tout cas cet album est une bien belle leçon de metal que les apprentis métalleux-Kevin-"Evil puceaux" et les autres se doivent d’écouter pour comprendre l’essence même du style. Ni plus ni moins.

S’il y a un autre album de GOD DETHRONED sur lequel il est intéressant de se pencher c’est bien le dernier en date, le bien nommé "The Toxic Touch" sorti en 2006 également chez Metal Blade. 7ème album au compteur des hollandais, il marque une rupture avec les précédents albums tels que "Ravenous". Mais si rupture il y a, c’est le fruit d’une lente et saine évolution, une sorte de "rupture tranquille" chère à notre ami de petite taille Napoléon IV-Sarko. Alors oui, cinq ans après "Ravenous" il y a toujours ces lyrics de malade clamés par la voix black agressive de Henri "TSK", oui il y a toujours ce fabuleux coté accrocheurs propres aux morceaux de GOD DETHRONED, oui la musique va toujours droit au but et ne s’embarrasse pas de superflue. L’essentiel est là mais certaines choses ont changé. Déjà en 2005 l’excellant album "The Lair Of The White Worm" voyait GOD DETHRONED évoluer musicalement et développer avec brio un gros thrash death mélodique, plus basé sur les harmonies, un peu à la manière d’un Arch Enemy, des vieux Dark Tranquillity ou encore Kreator. Désormais la mue est complète, fini les avalanches de différentes parties supra rapides. La musique est plus posée, plus ambiancée, les titres ont des structures plus allégées. Mais n’allez pas en conclure comme certains journalistes handicapés des oreilles que GOD DETHRONED a viré gothique ou "mou de la teub". Il n’y a qu’à écouter les 4 premiers titres (après l’intro "Faithless") pour se rassurer. GOD DETHRONED fait toujours dans le riff rapide, thrash. Mais plutôt que de décliner comme avant un thrash radical vers des envolées plus death ou black, GOD DETHRONED a pris le contre-pied en proposant ici un thrash sauce death matiné de mélodie et de passages plus lourds, "à la suédoise". La suite de l’album est tout aussi inspirée, le tout s’écoute avec beaucoup d’intérêt d’autant que les morceaux et leurs refrains sont aussi heavy qu’accrocheurs ("Thypoïd Mary"). Efficacité, simplicité, agressivité sont les maîtres mots. On retrouve carrément des relents d’Hypocrisy par moments au niveau des mélodies ("The Day You Died"). Inutile de dire que les grattes arrosent, la paire Sattler/Delahaye fonctionne et se complète bien. Véritable effort de groupe, chacun des membres a participé aux compos. Cette cohésion, résultat de longues et récentes tournées couronnées de succès, est l’un des points forts de "The Toxic Touch". Les "nouveaux" membres ont prouvé une bonne fois pour toute leur talent, en particulier Ariën Van Weesenbeek qui nous montre combien il est un batteur de très haut niveau. Bien que les parties de blast ne soient pas aussi nombreuses qu’auparavant (Mais sont toujours présentes : "On Wings Of Pestilence" qui pourrait figurer sur "Into The Lungs Of Hell", "Macabre World") Van Weessenbeek construit ses parties avec le soucis du détails : descentes, roulements, rythmes binaires "swedish". Son style solide et puissant colle aux compos.
Plus subtil, plus mélodique sans pour autant sacrifier le coté "extrême" de sa zike, Henri et ses potes ont réussi leur évolution. C’est vrai que l’on peut toujours préférer leurs anciens albums plus bestiaux et primitifs, tant ces albums dégoulinent de morceaux rapides à s ‘en faire péter les cervicales. C’est vrai que certains (rares) passages pourraient être un poil plus méchants ("Fail To Exist", avant le solo) ou que l’album manque peut-être d’un morceaux comme "Villa Vampiria" ou "The Tombstone". Mais si comme moi on est sensible à la musique de ce groupe on sera plutôt satisfait de cette capacité à proposer une zike toujours renouvelée qui, je le répète, est toujours aussi agressive. Cette évolution est la marque d’un groupe plein de talent, leader et référence de sa scène, et dont le succès ne doit rien au hasard. GOD DETHRONED n’a pas eu à pomper qui que ce soit, il a juste puisé dans ses ressources. Tous les éléments de "The Toxic Touch" existaient dans les précédents albums et en constituaient déjà sa marque de fabrique. Ainsi, loin des calculs opportunistes de certains, l’aura de GOD DETHRONED augmente album après album et on espère que sa renommée sera aussi importante dans un futur proche que celle de ses illustres aïeux hollandais.


Clip Villa Vampiria de l'album "Ravenous":



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