Véritable monument du métal de tradition
 Véritable monument du métal de tradition, initiateur de l’ Arena rock , de ses shows démesurés et de ses tournées à rallonge, JUDAS PRIEST est un de ces groupes dont le qualificatif de « culte » reste bien faible comparé à l’aura prestigieuse qu’il dégage. Evoquer la discographie des anglais revient à faire un abécédaire du « true » heavy metal, tant leurs albums représentent les Tables de la Loi du métal. Traversant le début des années 80 en conquérant, JUDAS se trouve à l’apogée de sa carrière au milieu de cette décennie. Quand il sort en 1988 son 11ème album « Ram It Down », JUDAS PRIEST est à ce moment là au pied du mur. Après le très commercial, glamouze et donc controversé « Turbo » de 1986 où les permanentes de Rob Halford et de ses acolytes étaient mieux foutues que les chansons elles-mêmes, la sortie de « Ram it Down » continue de laisser dubitatif toute une frange des fans du Priest en manque de « Screamin’ for vengence » et autre « Rapid Fire ». Tous semblaient à l’époque crier en cœur « Hey, Rob ! Arrête de mater les mecs sous la douche et fait nous un vrai album de heavy ! » Et pourtant…Pourtant !! Honnêtement, il faudrait avoir été retenu en otage de longues années par les FARC, avoir vu ses facultés mentales altérées ou être tout simplement le roi des cons pour dire que cet album est mou de la tige… Vingt ans après il est grand temps de rendre ses lettres de noblesse à cet album trop longtemps sous-estimé, et de faire taire une bonne fois pour toute les glandus aux portugaises ensablées qui dénigrent cet album.
Car ici nous sommes en présence d’un pur album de heavy, un vrai de vrai au sens noble du terme, d’une qualité et d’une puissance indéniable. Cet album tuuuuue et tout le temps! Sorti à une époque où le mot « heavy » n’était pas un gros mot « Ram It Down » débute avec un éclatant titre éponyme. Marre de se faire traiter de tafiolle qui fait du glam, JUDAS PRIEST montre sur cet album qu’il a la dale. Tout n’est qu’une succession d’hymnes aux riffs plombés, aux tempos tour à tour Hard (« Come And Get It » ou « Love Song » qui contrairement à ce que son titre pourrait laisser entendre n’est pas une balade pour pucelles), true-heavy (« Heavy metal » la bien nommée) et même speed (« Hard As Iron » et son fabuleux refrain ). Glenn Tipton et K K Downing, qu’on ne présente plus, sont au top de leur forme et font littéralement gueuler leurs grattes dans des joutes guitaristiques de très haute volée. Les leads aussi bien rapides et agressifs que cristallins et mélodiques nous chopent les burnes pour ne plus nous les lâcher. Même pas la peine d’essayer de les reproduire avec « Guitar Heroe » !! Et bien sûr, la voix extraordinaire de Rob Halford déchire vraiment tout sur son passage. Très souvent dans les tons aiguës, ou très aiguës mais jamais relou, Halford délivre de superbes vocaux. Comme si celui-ci avait besoin de rassurer son monde Rob chante à gorge déployée « I’m A Rocker »…C’est bon Robert, on se doutait que tu étais un vrai rockère…Mais sans doute qu’à l’époque les fans avaient besoin d’une piqûre de rappel...
Vous l’aurez deviné, « Ram It Down » regorge de hits, avec une mention tout à fait spéciale en ce qui me concerne pour le titre « Blood Red Skies », morceau mid-tempo à l’ambiance électrique, à la tension certaine. Cette chanson est bâtie autour d’une ligne de guitares-synthé comme on en trouvait au milieu des eighties (A l’instar d’un certain IRON MAIDEN dans « Somewhere In Time », et « Seventh Son Of A Seventh Son ») et qui donne ce cachet « années 80 », daté, certes, mais pour moi en aucun cas ringard.
On n’oubliera pas également la présence de la fameuse reprise du classique de Chuck BERRY « Johnny B. Goode » (« Go d’Johhhnnyyyyy !!!! »), version reprofilée par les aciéries JUDAS PRIEST pour une B.O de film. L’album se termine sur le lent et hypnotique « Monsters of Rock ». La messe du Prêtre est dite et bien dite.
Deux remarques me viennent à l’esprit : d’abord, écoutez cet album attentivement, prenez le temps de saisir tous ses rouages et vous comprendrez d’où vient tout le métal speed-heavy-power machin truc de nos amis allemands. La contrefaçon, on sait ce que c’est chez les boches ! (N’est-ce pas PRIMAL FEAR ?!) Vingt ans de heavy allemand résumé en un album, ça calme !
Deuxièmement, il faudra un jour expliquer à tous les « true » du cul qui cherchent à réinventer la poudre que c’est tout bonnement impossible, tant les pères fondateurs du style ont placé la barre haut… Vous aurez beau vous épiler le scrotum, vous malaxer les couilles, rouler en Harley ou en Vélib’, brandir vos putains d’épées gonflables achetées à Géant Casino (n’est-ce pas HAMMERFALL ? Luca Turili et ses potes?), jamais vous ne pourrez arriver à la cheville de celui à qui vous avez tout volé.
En conclusion, si vous êtes fans de heavy ou juste amateur de superproduction métallique, il est tout simplement impossible de passer à coté de cet album. Et si vous pensez encore que c’est une suite à peine améliorée de « Turbo », c’est que vous n’avez rien compris. Mettez-vous dans la tronche une bonne fois pour toute que « Ram It Down » est plutôt le grand frère de « Painkiller ». JUDAS PRIEST, ou l’art d’enchaîner les albums d’anthologie… !
Go Johnny!
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