Ou comment raconter une des plus belles histoires dans un des plus horribles endroits.
 Autant annoncer la couleur dès le début, ce film dure environ 3h10. Voilà, comme ça vous êtes avertis. Le truc avec ce film, c'est que quand on arrive au bout de ces 3h10, on se dit: oh, c'est déjà fini?! N'y voyez ici aucune ironie.
Cette adaptation d'un romain de Stephen King (The Green Mile), et réalisée par Frank Darabont (Les Evadés) aborde un thème original, d'une manière originale. L'histoire se situe dans le milieu carcéral, et dans le couloir de la mort plus précisément, alors c'est vrai que depuis le succès de la série Prison Break, ce n'est plus très original, mais le film est sorti en 2000, donc à l'époque ça l'était un peu plus.
Nous suivons donc l'histoire d'un gardien très humain interprété de la plus belle des manières par un Tom Hanks saisissant (mais quand ne l'est-il pas?) qui voit arriver dans son bloc une force de la nature capable d'enlever le 'mal' des gens et incarcérée à tort. Ce dernier est joué par Michael Clarke Duncan, le géant qui joue aussi dans Armageddon, et qui interprète ici avec une justesse impressionnante le candide John Coffey. Les scènes de dialogues entre ces 2 personnages sont vraiment à couper le souffle, on en reste sans voix tellement c'est bien écrit, mais le film ne se limite pas à ces 2 là, le casting est vraiment bien trouvé, la bonne personne à la bonne place: on retrouve ainsi David Morse en gardien lui aussi toujours dans la justesse de jeu, Gary Sinise qui fait une courte apparition, James Cromwell et Sam Rockwell en délirant psychopathe. C'est ici que l'on reconnaît le talent du réalisateur: pas à un seul moment on ne doute de la sincérité des acteurs.
Mais ce n'est pas tout, rajoutez à ces atouts des décors somptueux: la pénitencier du Tennessee entièrement recréé en studio (!!!) par le chef décorateur Terence Marsh et légèrement transformée pour ajouter quelque chose de mystérieux dans l'air ; et les extérieurs de la Nouvelle Orléans du début du siècle sont vraiment magnifiques.
Il est des films qui, lorsqu'ils sont finis, vous laisse sans voix, dans un état un peu second duquel on n'a pas vraiment envie de sortir. On repense sans cesse à ce que l'on vient de voir, et on cherche ses mots pour enfin arriver à exprimer quelque chose, mais ça ne vient toujours pas.
La Ligne Verte est de ceux-là. L'histoire est tellement belle sans pour autant tomber dans le sentimentalisme gratuit ou le moralisme à outrance, qu'elle ne peut pas laisser indifférent. On y pense, pendant un moment, et on réfléchit au fait que dans le pays d'origine de ce film la peine de mort existe toujours, même si il n'est pas question ici de propagande pro ou anti peine de mort.
En fait, si l'on devrait trouver un nom pour le sentiment que l'on éprouve à la fin de ce film, c'est l'envie de devenir meilleur.
La Ligne Verte
Date de sortie : 01 Mars 2000
Réalisé par Frank Darabont
Avec Tom Hanks, David Morse, Gary Sinise...
Disponible en dvd chez Warner
Mika
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