Une intro en son clair, un riff en béton, une rythmique précise et thrash, une voix nasillarde et des textes polémiques…
 Ouais, on est bien en présence d ‘un album de MEGADETH ! Et plus précisément nous allons nous pencher ici sur la cuvée 2007 de Dave Mustaine « United Abominations » sorti chez RoadRunner (Hé oui, l’ex label hollandais qui comptait à son catalogue il y a une quinzaine d’années des bestioles telles que MERCYFUL FATE, SEPULTURA ou encore DEICIDE, et qui à la fin de la décennie 90 s’était littéralement fourvoyé dans cette pitoyable mode de posers boutonneux en baggy que l’on a appelé le Neo Metal. Aujourd’hui ce label revient vers le metal, la queue basse, à la recherche de quelques dollars faciles…)
Alors question : que nous a réservé Mustaine et ses potes sur cet album? Et bien comme dirait Mr. Burns dans les Simpsons : « Exxxcellant !». C’est le mot qui convient. « United Abominations » marque l’aboutissement d’une renaissance entamée par le groupe américain depuis quelques années. Petit flash-back : 2002, MEGADETH s’arrête, Dave Mustaine son leader et fondateur, ex-meilleur ennemi de METALLICA, met un terme à sa carrière. Dave est fatigué, Dave a mal au bras, Dave a mal à la vie. 2004, MEGADETH est de retour ! Ce qui avait été annoncé comme un split irrémédiable n’était en fait qu’une parenthèse dans la vie du rouquin. Après complet remaniement du line-up (Le turn-over est une tradition chez Megamort), Mustaine revient avec un très bon « The System Has Failed ». Sa pause de 2 ans lui a été salutaire, on est bien loin désormais de « Risk » et de ses compos insipides. Mais il en fallait plus pour les die-hard fans, encore plus pour prouver au monde que Dave savait encore faire parler les Watts. Dave est têtu, il ne se laisse pas faire, Dave retourne alors en studio après une tournée mondiale réussie.
Le pari est gagné, «United Abominations » est l’album le plus abouti de MEGADETH. Dave a retrouvé son titre de noblesse, Dave a le fluide, comme il y a dix ou vingt ans. D’ailleurs, quand on aborde l’objet, la pochette nous rappelle l’époque bénie du thrash et nous fait penser à celle de l’album « Peace Sells…But Who’s Buying ? » de 1986. On voit çà et déjà on sourit…
D’une qualité musicale constante et doté d’un son moderne, tout dans cet album n’est qu’une succession de rythmes saccadés, heavy, rapides, incisifs. « Washington is next », « Play For Blood», « United Abominations » sont des exemples parlants. Il y a des moments où on en prend plein la gueule, où les guitares aboient les solos comme des clébards en colère (« Burnt Ice »). La mélodie est bien sûr présente et rend l’album accrocheur (« Gears Of War », « Blessed Are The Dead »). A certains moment on se croirait revenu au temps de « Rust In Peace », tant l’attaque de corde en rythmique laboure les oreilles (« Play For Blood » entre autres). Ca sent également le « Countdown To Extinction » ou « Cryptic Writings » par ce petit coté lourd et dense de certaines parties (« You’re Dead »).
Petit clin d’œil aux collègues (pas fait exprès sans doute), l’intro du titre éponyme fait penser aux intros ANTHRAX époque « Persistance Of Time ».
Bien entendu Mustaine n’a pas réalisé ce travail tout seul et c’est avec la même équipe que celle du précédent album qu’il en a remis une couche. Ces derniers ne sont pas des inconnus, en particulier les frères Drover, batteur et guitariste de leur état, issus du groupe EIDOLON (sorte de mix entre le power metal allemand et…MEGADETH justement !). James Lomenzo de son coté remplace avantageusement à la basse Dave Ellefson, parti faire le businessman dans un groupe de 4ème division. Dotés d’un niveau élevé et ayant participé à la composition, c’est aussi grâce à eux que l’album tient si bien la route.
Et dans la série « pourquoi piquer aux autres ce qu’on a déjà en magasin » précisons que MEGADETH s’est même fendu d’une reprise d’ « A Tout Le Monde » de l’album « Youthanasia », avec dans le rôle du guest Cristina Scabbia, chanteuse de LACUNA COIL, qui donne la réplique à Mustaine. Un poil réarrangée pour la circonstance, « A Tout Le Monde » qui est déjà une bonne chanson, se voir rajeunir de 14 ans et deviens ainsi presque le hit-single de l’album.
Avec tout çà pas étonnant qu’on se retrouve à écouter « United Abominations » d’une traite, en secouant la tête et en tapant du pied. On a le zizi qui frétille, on en redemande… « Haaaa, qu’est-ce qu’on est bien Tintin !! »
Coté lyrics, le père Mustaine nous fait part comme souvent de ses craintes, de sa colère, de ses sarcasmes, de l’amerture d’un quadra qui en a vu d’autres et qui en a marre qu’on le prenne pour une saucisse. Même s’il lui arrive de faire preuve d’une certaine mauvaise foi 100% américaine dans ses propos. « Et vas-y que les Nations-Unies c’est des glandeurs, et que les terroristes c’est des gros méchants qu’il faudrait tuer, et que la guerre c’est mal, et que les jeunes d’aujourd’hui c’est des crétins » (çà c’est vrai !!)… Dave en a gros, il a envie de balancer des bourre-pifs… Mais t’as raison Dave, je suis bien d’accord avec toi, c’est tous des cons. J’ai envie de gueuler « Mustaine For President », « Vote Mustaine 2008», « Un autre monde est possible »… Dave a des choses à dire et il ne se prive pas de faire regorger ses paroles de 2ème degré, voire même de petites surprises (Dans « Blessed Are The Dead » par exemple, il parle de « Four horsemen ride again »… Dis donc Dave, tu vas pas arrêter un jour de copier tes p’tis copains ? C’est pas bien. Oui, je sais, c’est toi qui a pondu la moitié des meilleurs riffs des premiers METALLICA !)
Il n’en demeure pas moins que les paroles sont très bien torchées, très bien placées, comme c’était souvent le cas dans les albums précédents.
A l’écoute de cet album on ressort satisfait de voir que le bon MEGADETH est de retour, rassuré de voir que Dave est un frontman et un compositeur toujours aussi talentueux. Il a eu l’intelligence de remettre tous les compteurs à zéro pour son nouveau départ, de se ressourcer dans son propre passé et d’y puiser le meilleur. Ca reste du MEGADETH, solide et sincère. La musique est sans grande surprise mais évolue par petites touches. En tout cas des compos de cette qualité valent bien mieux qu’un hasardeux changement de cap. Valeur sûre et vieux routier de la scène américaine, n’oublions pas de dire que MEGADETH reste un très bon groupe de scène, que j’espère pour ma part revoir très rapidement. Et je vous invite à en faire autant.
T’as raison Dave, continue d’ouvrir ta grande gueule et de t’exciter sur la Flying V, parce que le metal c’est comme les produits du terroir : il faut de l’authentique, de l’« Appellation d’Origine Contrôlée ». On a besoin de repères dans ce bas monde ! Et puis comme tu dirais si bien : « The world needs a hero ». On attend la suite, mec !
Clip live de Gears of War:
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