Il faut avouer que ça fait un certain temps qu’on attendait un album concept de Misanthrope. C’est maintenant chose faite avec le génial IrremeDIABLE
 Je préfère mettre tout le monde à l’aise dès le départ, je très fier (et à la fois un peu intimidé) d’écrire une chronique pour le dernier album d’un groupe que j’adore. Je ne cache en rien mon admiration pour la musique de Misanthrope ainsi que mon extrême sympathie pour ses musiciens, mais je vais quand même tenter de grader une certaine objectivité (c’est vrai que ça parait assez mal barré).
Si il est une chose que personne ne peut nier, et ce, que l’on soit fan ou pas, c’est que Misanthrope ne se moque pas de son public, et loin de là. Chaque album donne lieu à un superbe packaging pour un prix dérisoire. IrremeDIABLE ne dérogera pas à la règle avec une édition en digibook (sous la forme d’un livre pour les néophytes) avec un DVD live en bonus, et un livret très réussi. Un plus qui ne peut que jouer en leur faveur à l’heure du téléchargement massif et sauvage.
Revenons à l’essentiel, à savoir l’album en lui-même, le concept album en fait. Il aura fallu attendre 2008, après 19 ans d’existence et une dizaine de référence dans sa discographie pour que le groupe le plus emblématique de la culture française à l’identité forte se lance dans l’aventure du concept album. Bien loin des clichés habituels du metal extreme, et doté d’un univers tellement riche basé sur le Misanthrope de notre célèbre Molière, ils n’avaient que l’embarras du choix, et c’est sur l’œuvre et la vie de Charles Baudelaire que s’est porté celui-ci. Un sujet atypique pour un groupe atypique, ceci dit, quand on connaît la discographie (et les textes) misanthropique, ce choix a des airs d’évidence.
La musique aussi a des airs d’évidence. Dès les premières notes des Retourneurs de Pierre (morceau qui ouvre l’album), ce n’est pas une, mais deux évidences qui vous sautent aux yeux. La première c’est qu’il n’y a pas de doute possible, il s’agit bien d’un titre de Misanthrope. Le son et les riffs ne trompent pas, on se retrouve en plein dans le paysage musical du groupe avec ce death teinté de riffs heavy et black si caractéristique depuis l’album de 2003 : Sadistic Sex Daemon qui a marqué la mise en place d’un line up stable.
La seconde évidence, c’est que l’on va assister à quelque chose d’énorme. Evidence qui ne sera pas contredite à l’écoute complète d’IrremeDIABLE.
Clip de la chanson Névrose
On sent à travers les 15 titres de cet opus une maîtrise que l’on pourrait qualifier de chirurgicale, tant dans la voix de S.A.S de l’Argilière où l’on retrouve avec plaisir les quelques passages plaintifs si caractéristiques des premiers albums, que dans la musique qui bénéficie de la stabilité et de la cohésion de la formation actuelle du combo.
Une chose qui m’a toujours fascinée avec ce groupe, c’est l’aisance (et l’efficacité) avec laquelle ils distillent les changements de rythme assez brutaux dans leurs chansons. Un exercice bien rodé dans lequel ils ne manquent pas de briller et démontrent encore une fois (même si le besoin ne s’en faisait pas sentir) la solidité et la précision de leurs compos.
On retiendra en particulier Les Retourneurs de Pierre (vous comprendrez alors ce que c’est que de rentrer dans le lard), Les Limbes, Prodigalité (juste piano, voix et clavier judicieusement placé laissant ainsi respirer les autres chansons), Le Dandy de Bohème (au riff et aux mélodies imparables), Le Maudit et son Spleen, Névrose, et le terrible Ixion où avec lequel Misanthrope signe l’un de ses morceaux les plus intenses que l’on espère voir sur scène.
Avec IrremeDIABLE, Misanthrope réalise un chef d’œuvre qui regorge de riffs assassins que l’on ne fini jamais de découvrir à chaque écoute. On retrouve dans cet album tous les ingrédients qui ont fait des 3 derniers albums de franches réussites, mais on retrouve également (pour mon plus grand plaisir) des ambiances et des sonorités du sublime Libertine Humiliations (1998).
Je tire donc une fois de plus mon chapeau à ce groupe en espérant le revoir sur scène avec ces nouveaux titres. Vivement l’an prochain pour les vingt ans de Misanthrope.
Et comme qui dirait, aeternitas.
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