Parce qu’il n’y a pas de raison que ça soit toujours les autres…
 Cela aura pris un certain temps, mais nous y voilà, c’est aujourd’hui que je reçois ma première palme !
Bon d’accord je vous le concède, cette palme je me la décerne moi-même, et en plus cette palme et celle de la connerie… Le prestige en prend un coup là... mais au moins on est sûr que celui là de prestige ne va pas déverser des nappes de pétrole.
Quoiqu’il en soit, on a beau dire, j’entends déjà les jaloux caquer dans tous les sens. Et ne me dites pas qu’un jaloux ne caque pas, il ne sait faire que ça.
Alors pour noyer le poisson de suite comme cela on sera débarrassé : oui je suis tout seul à décerner cette palme, et oui c’est facile de me la décerner à moi-même.
Maintenant que tout est clair, je vais quand même justifier mon choix, parce qu’il est vrai qu’une palme se mérite, dans quel domaine que ça soit, et je dois me montrer à la hauteur de mes illustres prédécesseurs d’infortunes de ces lignes. Vous conviendrez avec moi qu’il y en a des gratinés. Alors suis-je digne d’apparaître à leurs côtés ?
Il me semble bien.
Tout d’abord, quelle est ma légitimité à décerner ce genre de récompense ? Suis-je totalement dépourvu de connerie ? La réponse semble quand même évidente, mais je vais la donner au cas où certains penseraient le contraire (on peut toujours espérer) : non, je ne suis pas dépourvu de toute trace de connerie et je possède bien évidemment ma contribution non négligeable à la large connerie humaine.
N’ayant donc aucune prérogative de droit divin ou autre, je me permets de décerner des récompenses à des personnes, souvent à cause d’un moment de faiblesse d’ailleurs, me positionnant par la même occasion en supérieur à ces gens alors que je ne le suis nullement. De plus, en je crois qu’en ça je mérite vraiment cette palme, je ne tire aucune honte de cet exercice qui demeure toutefois bon enfant.
Je repense à une phrase du grand Guy Marchand, vous savez, l’acteur et chanteur qui a signé la célèbre chanson du film ‘Les sous-doués en vacances’, le slow très connu ‘Destinée’, et pour les accrocs du service public, l’acteur de Nestor Burma.
Donc cet homme a dit un jour lors d’une interview avec Raphaël Mezrahi : « il faut avoir fait le tour de sa connerie pour jouer un con »
J’aurais bien envie, à ma décharge, d’adapter cette phrase en déclarant qu’il faut avoir fait le tour de sa propre connerie pour décerner la palme de la connerie, mais malheureusement, je ne pense pas en avoir fait le tour. Je n’ai pas cette excuse là.
Ceci dit, je ne pense pas que les membres du jury du festival de Cannes aient tous reçu une palme pour pouvoir la décerner aux autres, il va falloir chercher un peu plus loin pour légitimer cette remise.
Il y a quelques temps de cela, un homme a déclaré : « que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre », et force est d’admettre que cette première pierre je l’ai lancée à moult reprises sans pour autant n’avoir jamais péché. Je confesse avoir moi aussi défendu bec et ongle des positions complètement farfelues, la mauvaise foi aidant à ne pas reconnaître mon erreur, notamment lors d’un débat passionnée entre collègues étudiants en science pour savoir si le ciel était bleu parce que la mer est bleue ou l’inverse… Question existentielle si l’en est.
Il y aurait tellement d’autres anecdotes allant dans ce même sens, comme les éléphants avec des raquettes aux pieds et autres boulangeries en Espagne où en compagnie d’une personne très chère, nul mot espagnol ne sortit de ma bouche pour finir, une fois sorti de cette boulangerie par ne parler qu’en espagnol (je sais que certains apprécieront ces confessions).
Dès lors, vous conviendrez que ma connerie, somme toute normale (du moins je l’espère), se trouve sublimée par un goût prononcé au fait de me moquer de la connerie des autres.
Et pour finir, de convaincre ceux qui ne le serait pas encore que je mérite réellement cette palme, je conclurais par deux proverbes, laissant ainsi la parole à la sagesse populaire :
« Avant de regarder la brindille dans l’œil de ton voisin, regarde plutôt la poutre que tu as dans le tien. » et « Qui sème le vent récolte la tempête ».
Je reçois ainsi ma toute première palme, bien méritée, et pour commencer un mea culpa et amorcer une démarche de pardon pour toutes les palmes passées et à venir, voilà en guise de bonne foi un petit cadeau:
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