Ou la rencontre choc entre Brad Pitt et Anthony Hopkins
 « Une nuit le magnat William Parrish ressent une violente douleur tandis qu'une voix surgissant des tenebres lui annonce sa mort prochaine. A ce moment-la, un jeune inconnu se presente a son domicile pour l'accompagner a son dernier voyage. Ce messager de l'au-dela impose a Parrish de l'heberger chez lui afin de lui donner l'occasion de partager un temps les experiences, les joies, les emotions et les drames des vivants, qui semblent lui etre etrangers. En l'espace de trois jours, Joe Black revelera toute la famille Parrish a elle-meme. »
Le décor est planté. Le ton est donné, le registre est clairement fantastique mais tout en restant profondément ancré dans le réel.
Avant de se lancer dans une démonstration non exhaustive des qualités de ce film, autant se débarrasser de ce qui risque fortement de déplaire. Je vois deux choses : la première, c’est la durée. Et oui, 3h01 c’est un peu long (enfin pour certains), surtout si on rajoute à cela la seconde chose : le film est entièrement constitué de dialogue, et pas d’action du tout. Il y en a beaucoup que ces aspects pourront rebuter, c’est pour cela que je préfère prévenir, mais d’un point du vue totalement subjectif, ce sont des qualités et non des défauts.
L’avertissement étant passé, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses.
Comment parler de ce film en dissociant la mise en scène et le jeu du trio Brad Pitt, Anthony Hopkins et Claire Forlani ? C’est impossible. Nous ne le ferons donc pas.
Martin Brest, le réalisateur (Le Flic de Beverly Hills), dirige ce trio d’une manière sobre et épurée, les dialogues sont toujours calibrés au millimètre et très bien écrits, les rencontres s’enchaînent et les personnages évoluent naturellement dans des décors somptueux : le milieu dans lequel évolue l’intrigue aidant : la très haute société américaine.
C’est dans ce contexte que l’on assiste à la perte progressive de contrôle du très rationnel William Parrish joué par l’excellentissime Anthony Hopkins à mesure que Joe Black prend de plus en plus d’assurance (un rôle que l’on dirait écrit uniquement pour Brad Pitt). Chaque rencontre entre ces deux personnes est à la mesure de leur puissance et de leur charisme.
Leurs présences imposantes suffiraient largement à justifier la place de ce film dans cette rubrique, mais cela serait sans compter sur l’intrigue amoureuse amenée par la présence de la fille Parrish jouée par la merveilleuse Claire Forlani, trop souvent cantonnée dans les seconds rôles, on prend ici la mesure de son immense talent.
La fragilité et la force de son personnage, loin de s’écraser à côté des deux autres poids lourds cinématographiques, amènent un complément de sensibilité et de candeur à ce duo Pitt/Hopkins pour former un trio de tête parfaitement équilibré, et renforcé par une mise en scène tellement juste.
Une mise en scène sobre et épurée je disais un peu plus haut, laissant la place à de nombreux silences qui donnent eux même le temps d’apprécier la qualité exceptionnelle des différents plans.
Le rythme est plutôt lent, et le tout s’accélère vers la fin, sans pour autant desservir le film, et au contraire, cette lenteur lui apporte une force supplémentaire.
Après avoir vu et revu ce film, et ce toujours d’une traite (vous verrez que ces trois heures passent très vite), je ne comprends pas l’acharnement de la presse et des critiques sur cette fiction. Ils sont passés à côté d’un grand film et ne s’en sont sûrement pas aperçus, on les plaint…
Rencontre avec Joe Black ou la rencontre entre trois acteurs formidables, une mise en scène impeccable et un scénario original, à consommer sans modération.
Rencontre avec Joe Black
Sortie : 30 décembre 1998
Réalisateur : Martin Brest
Avec : Brad Pitt, Anthony Hopkins, Claire Forlani…
Disponible en DVD chez Universal
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