Quoi de mieux qu’un article sur Sleepy Hollow pour célébrer la sortie de Sweeney Todd
 Il ne fallait quand même pas compter sur nous pour passer à côté d’un nouveau film du maître Burton et d’une collaboration avec Johnny Depp. Alors il est vrai qu’on ne va pas parler directement de Sweeney Todd, pour la simple et bonne raison que nous ne l’avons pas encore vu (festival du Fipa oblige). Il a dès lors été assez naturel de se rabattre sur Sleepy Hollow qui possède une esthétique très proche des extraits de Sweeney Todd que nous avons entrevoir. La comparaison s’arrêtera là et nous allons maintenant nous concentrer sur cette fameuse légende du cavalier sans tête.
Pour ceux qui ont la mémoire courte, un petit rafraîchissement grâce au synopsis :
« En 1799, dans une bourgade de La Nouvelle-Angleterre, plusieurs cadavres sont successivement retrouves décapitées. Les têtes ont disparu. Terrifies, les habitants sont persuades que ces meurtres sont commis par un étrange et furieux cavalier, dont la rumeur prétend qu'il est lui-même sans tête. Les autorités new-yorkaises envoient alors leur plus fin limier pour éclaircir ce mystère. Ichabod Crane ne croit ni aux légendes, ni aux vengeances post-mortem. Mais, a peine arrive, il succombe au charme étrange et vénéneux de la belle Katrina Van Tassel. »
Le décor est ainsi planté, l’ambiance également. On ne peut s’empêcher de retrouver quelques similitudes avec le film précédemment présent dans ces lignes, Le Pacte des Loups.
En effet, le point de départ se trouve être une série de meurtres inquiétants, et un enquêteur terre à terre vient élucider ce mystère à l’époque de l’obscurantisme.
Là aussi les comparaisons vont s’arrêter ici puisqu’une chose certaine avec Tim Burton c’est que s’il faut s’éloigner du réel pour servir l’histoire, il ne faut pas hésiter. Fort de son passé de dessinateur et d’animateur dans les studios Disney, l’ami Tim a l’habitude de mettre le paquet sur la photographie et sur les décors de ces films, et cette fois-ci ne déroge pas à la règle. Tant le New York que le village de Sleppy Hollow présentent des aspects inquiétants tortueux et sombres où seule la couleur rouge semble être rescapée ou milieu du gris et du noir.
Vous l’aurez compris, l’aspect visuel vous plonge déjà dans une ambiance assez glaciale qui vous immerge dès le début dans cette intrigue.
Intrigue qui est d’ailleurs très bien menée. Avis aux inconditionnels de Derrick, et autant vous le dire de suite, vous ne trouverez le nom de l’assassin qu’à la fin du film, en même temps que tout le monde. Le scénario, plein de rebondissement et drôlement bien écrit, ne laisse que peu d’indice et suit pas à pas les découvertes de l’inspecteur Crane.
La haute qualité du visuel et du scénario ont largement contribué à ce que tout le monde, critiques et spectateurs, crie au génie à la sortie en salle de Sleppy Hollow en le déclarant comme le meilleur Burton. Mais il est évident que sa complicité avec Johnny Depp amène une dimension supplémentaire.
On sait ces hommes très méticuleux n’hésitant pas à pousser la psychologie des personnages très loin. C’est ainsi que l’on ne peut que saluer la performance du mari de Vanessa Paradis en inspecteur complexe plein de tics. Mais est-il vraiment nécessaire d’en parler tant ses performances sont toujours impressionnantes.
De vraiment nécessaire, il conviendrait de noter le jeu de Christopher Walken en cavalier avec tête, qui possède une aura incroyable et imposante forçant le respect. Un jeu qui fait écho à la douceur et la subtilité de Christina Ricci en étrange fille de notable.
Il y a un moment où les mots semblent fades par rapport à la réalité, à ce moment il faut du renfort, et le renfort d’une bande-annonce semble tout à fait propice :
Comme on ne change pas une équipe qui gagne et qui distille les chefs d’ouvres comme d’autres collectionnent les fèves, Burton s’est encore une fois entouré de son complice compositeur Danny Elfman. On ne peut que supposer une énorme complicité entre ces deux là aussi tant leurs univers s’entrecroisent à merveille. L’un sachant trouver la note exacte que l’autre veut insuffler à ces images à tel point que le son et l’image sont complètement indissociables.
On parlait plus haut de l’ambiance plutôt lugubre et inquiétante qui caractérise ce film, mais il y a un ingrédient de l’univers burtonien assez prépondérant dans toutes ses œuvres et présent également dans celle-ci : l’humour.
Du personnage plein de tics de l’inspecteur (prémices d’un certain Jack Sparrow) aux situations cocasses en passant par les décapitations originales des victimes du cavalier sans tête, le réalisateur distillent de merveilleux moments comiques à l’intérieur de son intrigue sombre et inquiétante, nous faisant ainsi passer de l’horreur au romantisme et du comique au fantastique. Tous ces aspects parsemés de références à tous les classiques qui ont inspiré Tim Burton, et notamment les films d’horreur des années 50/60 anglais.
Pour de nombreuses personnes, ce film symbolise la parfaite symbiose de l’univers du réalisateur. Univers qui a son tour inspire de nombreux artistes, à en juger par ce montage des images de Sleepy Hollow avec la musique de L’étrange Noël de Mister Jack reprise par Marilyn Manson :
Encore un film culte pour la paire de véritables artistes que sont les messieurs Burton et Depp, dans cet univers qui attire autant qu’il inquiète dont seul Mister Tim a le secret. Un film à savourer avant et après avoir été voir Sweeney Todd.
Sleepy Hollow
Sortie : 9 février 2000
Réalisateur : Tim Burton
Avec : Johnny Depp, Christina Ricci, Christopher Walken…
Disponible en DVD chez Pathé
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